ZONE D'EXPANSION

 

 

 

Depuis la deuxième moitié du XIXème siècle, et surtout l'arrivée de Pascual Madoz en 1846, la ville connut un nouvel essor urbain avec la construction de villas cossues et de palais tout le long de la façade maritime.

Madoz s'était, en effet, retiré à Zarautz pour poursuivre la rédaction de son Dictionnaire et s'étant épris de la beauté naturelle du site ainsi que du bon accueil de ses habitants, il y retourna tous les étés en villégiature jusqu'à son décès en Italie en 1870.

Il y fit construire un palais sur les plans de l'architecte J.J. Belaunzaran à l'emplacement où se trouve aujourd'hui le complexe Muskaria. Il s'agissait d'un très vaste domaine (1,6 hectare) au milieu duquel se dressait un palais de caractère éclectique bâti avec les revenus obtenus de la publication du dictionnaire.

Mais la consécration définitive du nouvel urbanisme vint des séjours de la reine Isabelle II en 1865 et 1866. Ses villégiatures thérapeutiques attirèrent la noblesse courtisane et la grande bourgeoisie, qui entraînèrent également à leur suite de nombreux autres estivants, plus modestes mais dont le nombre est allé croissant. Entre tous, ces visiteurs jettèrent en définitive les bases de la nouvelle orientation touristique de Zarautz.

Parmi les rares exemples qui nous sont restés de l'architecture de cette époque, il faut citer la Villa Munda construite par le docteur Pedro Velasco sur l'ancien terrain occupé par le cimetière. Il s'agit d'un bâtiment éclectique, de très grande dimension, dont la construction remonte au dernier tiers du XIXème siècle, mais qui a subi maintes modifications depuis. Structuré sur un plan rectangulaire, il comprend un semi-sous-sol, un rez-de-chaussée et deux étages et il est surmonté par une lanterne et un toit à quatre pentes. L'hôtel particulier est entouré d'un jardin fermé par des grilles des deux côtés avec une double porte flanquée de piliers de pierre, grilles en fer et deux niches en grès et en ardoise.

Le corps central de la façade principale est un peu avancé par rapport aux côtés et l'accès se fait par un escalier menant à deux portes jumelles abritées par une élégante marquise en vitrage et en fer, reposant sur de fines colonnes aux volutes en fer. Le premier étage présente un balcon en saillie parcourant les trois baies à arcs déprimés. Les angles ornés de bossages et les encadrements des baies sont construits en pierres de taille. La façade sud se prolonge par deux corps moins élevés formant une petite cour intérieure en forme de "U", qui ont été ajoutés postérieurement.

Sanz Enea est un hôtel particulier également construit dans le dernier tiers du XIXème siècle par l'architecte français C.H. Besoin. Il s'agit d'un bâtiment indépendant de plan rectangulaire qui comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et trois étages, le tout surmonté de mansardes en ardoise de très nette inspiration française. Le jeu chromatique est obtenu par la polychromie des murs, le bosselage des angles et le contraste avec l'ardoise noire des mansardes. Les plate-bandes de la ligne d'imposte séparent nettement les étages et les éléments prédominants sont les grandes baies symétriques à rebords. La seule rupture de ce rythme séquentiel vient des balcons en saillie des façades Nord et Sud qui centralisent la vision des escaliers d'entrée. Le corps central est légèrement avancé par rapport aux côtés.

 

Sanz Enea
Sanz Enea

 

Il y a bien d'autres exemples de belles constructions, quoique plus modestes, telles que la Villa Mª Pilar, la Villa San Antonio et la Villa Florita (cette dernière construite par l'architecte Guillermo Eizagirre en 1923 et actuel commissariat de la Police Autonome Basque "Ertzantza"). Il s'agit de demeures très influencées par les courants artistiques de l'époque, dominée par un éclectisme s'inspirant d'éléments aussi disparates que la typique maison rurale basque "caserío", avec des façades à pans de bois apparents, l'architecture rurale anglo-saxonne ou les différents "néos" (néoclassicisme, néogothique, etc.).

Dans ce groupe nous incluons d'autres bâtiments comme la Gure Ametsa, la Villa Mar ou le Restaurant Arguiñano situés dans la même partie de la ville que les précédents (Arenales de Mendilauta).

La maison Zuazo Enea et la Villa Tamarindos font partie de l'histoire plus récente de l'architecture de l'agrandissement Est de Zarautz. Dans le premier cas, il s'agit d'une grande maison unifamiliale, aujourd'hui transformée en appartements et studios, projetée par le grand architecte Secundino Zuazo. C'est un bâtiment rectangulaire isolé, entouré de jardins, qui comprend un rez-de-chaussée et deux étages, avec un toit à quatre pentes, dont la façade est rythmée par des baies surmontées d'arcs déprimés et une galerie couverte par un grand auvent supporté par deux piédroits en bois. Il faut remarquer le bel appareil en brique et le contraste avec le calcaire blanc des baies néo-gothiques, des balcons, des consoles et des blasons dont l'effet chromatique est très réussi.

Quant à la Villa Tamarindos, il s'agit d'un bâtiment où l'on retrouve maintes influences des mouvements architecturaux des avant-gardes historiques. Malgré son ètat d'abandon actuel, elle conserve une incontestable valeur artistique. Bâtie sur un plan rectangulaire, elle comporte un rez-de-chaussée et deux étages, avec une toiture à un versant descendant en pente douce jusqu'à la façade Nord. Elle est entourée d'un jardin et l'accès au premier étage se fait par des escaliers en pierre d'une seule volée de chaque côté. La partie centrale du rez-de-chaussée est ouverte et forme un porche qui est surmonté par une vaste terrasse en encorbellement sur tout le premier étage. On accède au deuxième étage par un escalier intérieur éclairé par une sorte d'abside vitrée. On remarque une nette intention dynamique dans la conception des étages et des niveaux qui cherche à rompre la structure spatiale de la maison traditionnelle: en mettant en avant certains volumes, en alternant les niveaux, etc. Par ailleurs, l'absence de décoration, la géométrie des baies et la recherche de formes pures font de ce bâtiment un exemple intéressant et peut-être même unique de l'architecture moderne à Zarautz.

Pour terminer, nous nous dirigeons vers la zone de dunes et de marais dominant les limites orientales de Zarautz. Cet espace correspond à la partie Est de la ville et comprend notamment les zones de sable-dunes de l'avant-plage, un tronçon de l'embouchure du petit cours d'eau Iñurritza et plusieurs terrains à la végétation paludéenne situés vers l'intérieur. On peut distinguer 4 deux zones complémentaires, bien que nettement différenciées. D'un côté, un espace de dunes derrière la zone de plages, au relief doucement mamelonné, utilisé comme terrain de golf et qui offre un très beau paysage. Et de l'autre, le petit courant d'eau Iñurritza, dont les rives alternent bancs de sable, limons et restes de marécages. Plus vers l'intérieur, des terrains déprimés bordent les rives de deux courants d'eau venant se jeter dans la ría. Ils sont constitués de dépôts quaternaires, fluviaux (limons) et marins (sables). Le champ de dunes est le plus vaste de tout le littoral du Guipuzcoa

 

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La partie du terrain de golf, bien que recouverte de pelouse, conserve des endroits très préservés où habitent des espèces très rares sur notre littoral et certains endémismes comme le Galium arenarium (endémisme du littoral atlantique français qui est ici à sa limite géographique), l'Alyssum arenarium, la Festuca Vascocensis, etc. Sur les marais, la végétation n'est que très peu présente, la plus grande partie étant occupée par des potagers. Il subsiste certaines espèces comme le Limonium humile, la Glaux maritima ou l'Aster tripolium. Sur les terrains de l'intérieur, il faut remarquer les roselières et les ensembles herbacés de roseaux, joncs, etc., ainsi que certaines espèces rares comme le Scirpus pungens, la Carex riparia, etc. Quant à la faune, le site de la ría et ses alentours constituent le lieu de repos ou d'hivernage des oiseaux limicoles en migration et abrite de nombreuses espèces des genres Calidris (gravelots), Charadriidés, Plucialis (chevaliers), Limosa (Aiguilles), etc. Malgré les faibles dimensions de ce site, la faune que l'on y rencontre présente un grand intérêt car elle se trouve très décimée dans le reste du pays.

 

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